Près de 3 mois après un meeting inédit de redevabilité et ouvert à toute la population, tenu dimanche 8 septembre 2024 par le Gouverneur Jean-Jacques Purusi, le suivant rendez-vous traine à se tenir.

Pendant ce temps, des critiques des acteurs politiques et ceux de la société civile soucieux de la bonne gouvernance se multiplient.

Cet exercice de redevabilité, un évènement historique au Sud-Kivu, était par ailleurs différemment commenté dans l’opinion publique.

Si certains acteurs socio-politiques avaient salué à juste valeur cet exercice et apprécié le bilan du gouverneur Purusi deux mois après sa prise de pouvoir, d’autres par contre en ont trouvé un exercice populisme et disaient n’attendre que les résultats et actions concrètes.

Retour sur les propos du gouverneur au premier meeting de redevabilité

Lors de cet évènement sans précèdent, le gouverneur PURUSI s’était félicité des progrès réalisés depuis sa prise de pouvoir. Sur le plan mobilisation des recettes, le chef de l’exécutif provincial a, des vives voix, montré qu’il a réussi à mobiliser 1 million de dollars américains au mois de juillet 2024 et en Août 1 million cinq cents trois mille dollars alors que la province ne mobilisait à peine 600.000 dollars faisant allusion aux recettes du mois de juin 2024.

A l’en croire, 661.919 dollars américains ont été affectés aux salaires, 360.000 à l’assemblée provinciale, 337.000 dollars à la sécurité en plus d’un appui considérable pour les interventions de la police et l’armée ainsi que d’autres interventions.

Devant une foule immense mais pour un stade non plein, le gouverneur Purusi a indiqué avoir démasqué un réseau de dizaines de personnes qui percevaient des salaires indus pendant qu’elles ne prestaient pas et le système mis en place a permis de faire gagner à la province 162.000 dollars américains.

A part les frais de rétrocession remis symboliquement à certaines Entités Territoriales Décentralisées (ETD) pour l’exécution des projets prioritaires, le gouverneur Purusi avait évoqué d’autres aspects. C’est notamment sur le plan des infrastructures, faisant allusion aux travaux en cours, la création future d’une société provinciale des infrastructures, l’arrestation de certains fraudeurs dans le secteur minier, des aspects de la santé et de l’assainissement de la ville de Bukavu avant de se livrer à un jeu des questions-réponses avec les participants.  

Mais pourquoi traine-t-il à organiser le suivant rendez-vous de redevabilité ?

Le gouverneur Jean-Jacques Purusi avait promis de tenir régulièrement cet exercice pour marquer une gouvernance transparente et de développement.

“Nous avons tenu ce meeting dans le cadre de notre approche de gouvernance de proximité. Je dois aller vers la population pour être critiqué et comprendre les besoins à la base. Ces critiques et observations nous permettent d’orienter nos actions afin d’améliorer leurs conditions sociales. C’est une leçon de modestie et nous pensons que les objectifs seront atteints”, avait-t-il déclaré.

Mais pourquoi traine-t-il à tenir le suivant rendez-vous de redevabilité ? cette question demeure sans réponse, et du côté de ses proches tout comme du côté des membres de son cabinet politique approchés par votre média.

Certains observateurs se posent la question de savoir s’il a été capable de le faire deux mois seulement après sa prise de pouvoir, pourquoi déjà 3 mois après le premier rendez-vous de redevabilité, traine-il à tenir le suivant ? manque-t-il à dire à la population ? ou ses nombreuses promesses jusque-là non tenues seraient le blocage ?  

Soulignons également qu’aucun détail n’est jusque-là connu sur le niveau de mobilisation de son appel à contribution volontaire pour le développement et la reconstruction du Sud-Kivu, même cas pour les retombées de ses décisions dans le secteur minier, la gestion de ces autres 3 mois (septembre, octobre et novembre 2024) demeure sans compte rendu auprès de la population.

Déjà les semaines dernières, des acteurs politiques ont critiqué une récupération des certaines réalisations par ses proches communicateurs en les faisant passer comme actions du gouvernement provincial.

Il sied de rappeler qu’une semaine après le premier meeting de redevabilité, le gouverneur avait publié les membres nommés dans son cabinet. Ces nominations ont fait couler beaucoup d’encre et de salive, car largement critiquées par des acteurs socio-politiques qui parlaient d’une pléthore et montraient que son parti l’AFDC s’était taillé la part du lion avec essentiellement des gens du village de son autorité morale et du gouverneur.

La redevabilité concerne qui ?

Toute personne investie d’un mandat par un groupea fortiori lorsqu’il s’agit d’un mandat public, doit être redevable.

La redevabilité fait partie des mécanismes de transparence. Sans transparence, difficile d’évaluer les résultats, de vérifier qu’on va vers l’objectif qu’on s’est fixé ensemble. Sans transparence, on est dans des systèmes opaques, de corruption.

La redevabilité est nécessaire pour mettre en confiance les différents acteurs qui doivent travailler ensemble. Elle oblige la personne au pouvoir à se rendre compte qu’elle tient le pouvoir des personnes qui lui ont confié, auxquelles elle est redevable. Par la même occasion, on rassure ceux qui ont engagé des ressources ou du temps sur le fait que ceux-ci sont bien utilisés.

Rédaction, DCK-TN


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